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Déesse de la Chasse : Qui est Artémis dans la Mythologie ?

On vous parle de la déesse de la chasse et vous pensez tout de suite à Artémis ? C’est normal. C’est une figure majeure de la mythologie grecque.

Voici son profil complet, de sa famille à ses mythes, pour tout comprendre.

Artémis/Diane : Carte d’identité de la Déesse de la Chasse

Avant de détailler ses histoires, il faut savoir qui est Artémis. C’est une déesse complexe avec de nombreuses responsabilités. Voici sa fiche d’identité pour y voir plus clair.

Fiche d’identité rapide d’Artémis

  • Nom grec : Artémis (en grec ancien Ἄρτεμις).
  • Nom romain : Diane. C’est le nom que les Romains lui ont donné en intégrant la mythologie grecque.
  • Nom étrusque : Aritimi.
  • Groupe divin : Elle fait partie des douze divinités olympiennes, les dieux et déesses principaux qui résident sur le mont Olympe.
  • Résidence : Le mont Olympe, bien qu’elle passe le plus clair de son temps dans la nature.
  • Domaine principal : Les montagnes et les forêts, tous les lieux sauvages loin des villes.

Ses fonctions ne se limitent pas à la chasse. Artémis a un pouvoir étendu sur plusieurs domaines liés à la nature et à la protection.

Ses rôles et fonctions :

  • Fonction principale : Elle est avant tout la déesse de la chasse, de la nature sauvage et la protectrice des animaux. Elle veille sur les bêtes et punit ceux qui leur font du mal sans raison.
  • Fonctions secondaires : Artémis est aussi la déesse de la Lune, souvent associée à son frère jumeau Apollon, le dieu du Soleil. Elle est la protectrice des jeunes filles vierges, des enfants et des femmes pendant l’accouchement.
  • Autres pouvoirs : Elle pouvait provoquer des épidémies ou des morts subites avec ses flèches, mais aussi guérir. C’est une déesse à la fois bienveillante et redoutable.

Comme tous les dieux, Artémis possède des objets et des symboles qui permettent de l’identifier immédiatement.

Ses attributs et symboles :

  • Armes : Son arc et ses flèches d’argent sont ses attributs les plus connus. Ils lui ont été offerts par les Cyclopes. Elle porte toujours un carquois.
  • Animaux associés : La biche et le cerf sont ses animaux favoris. Un mythe raconte que son char est tiré par quatre biches aux cornes d’or. L’ours et les chiens de chasse courageux lui sont aussi consacrés.
  • Astre : La Lune, et plus précisément le croissant de lune qu’elle porte souvent sur son front.
  • Végétaux : Le cyprès et l’épicéa sont les arbres qui lui sont associés.
  • Couleur : L’argenté, en lien avec la Lune et ses flèches.
  • Tenue : Elle est presque toujours représentée avec une tunique courte, qui s’arrête aux genoux pour ne pas la gêner pendant la chasse.

La Famille d’Artémis : Une Lignée Divine

Pour comprendre le caractère d’Artémis, il faut regarder sa famille. Sa naissance et ses relations avec les autres dieux de l’Olympe ont forgé sa personnalité.

Ses parents sont deux figures majeures de la mythologie. Son père est Zeus (Jupiter pour les Romains), le roi des dieux et maître de l’Olympe. Sa mère est la Titanide Léto. Artémis n’est donc pas la fille d’Héra, la femme de Zeus, ce qui a eu de lourdes conséquences sur sa naissance.

Artémis a un frère jumeau, Apollon. Il est le dieu du Soleil, de la musique, de la poésie et des arts. Leur lien est très fort. Ils sont tous les deux des archers d’exception. Apollon et Artémis représentent souvent le duo Soleil/Lune, jour/nuit. Ils se protègent mutuellement et agissent souvent ensemble pour venger les affronts faits à leur mère.

En tant que fille de Zeus, Artémis a de nombreux demi-frères et demi-sœurs. Ce sont tous des enfants que Zeus a eus avec d’autres déesses ou des mortelles. Parmi les plus connus, on trouve :

  • Arès, le dieu de la guerre
  • Athéna, la déesse de la sagesse et de la stratégie
  • Hermès, le messager des dieux
  • Héphaïstos, le dieu forgeron
  • Dionysos, le dieu du vin et de la fête

Le fait d’être une enfant illégitime de Zeus a marqué le début de sa vie. La déesse Héra, épouse officielle et jalouse de Zeus, a poursuivi Léto de sa haine et a tout fait pour empêcher la naissance des jumeaux.

Les Mythes Fondateurs d’Artémis

Trois grandes histoires expliquent qui est vraiment Artémis : sa naissance difficile, son choix de rester vierge, et sa relation complexe avec le chasseur Orion.

Une naissance mouvementée sur l’île de Délos

La naissance d’Apollon et Artémis est une épreuve. Héra, folle de jalousie, avait maudit Léto : aucune terre ferme éclairée par le soleil ne devait l’accueillir pour son accouchement. Poursuivie par le serpent Python envoyé par Héra, Léto a erré longtemps.

Elle a finalement trouvé refuge sur une île flottante et stérile, l’île de Délos. C’est là que le travail a commencé. Il a duré neuf jours et neuf nuits. Héra retenait Ilithyie, la déesse des accouchements, sur l’Olympe. Les autres déesses ont dû envoyer Iris pour convaincre Ilithyie de venir en cachette, en lui offrant un collier d’ambre.

Artémis est née la première. À peine sortie du ventre de sa mère, elle l’a aidée à accoucher de son frère jumeau, Apollon. Ce mythe explique pourquoi Artémis est aussi devenue la protectrice des femmes en couches.

Le vœu de chasteté et les attributs divins

L’indépendance d’Artémis est son trait de caractère principal. Très jeune, à l’âge de trois ans, elle a clairement exprimé ses volontés à son père Zeus. Assise sur ses genoux, elle lui a fait une série de demandes précises. La plus importante était son vœu de virginité éternelle. Elle ne voulait jamais se marier ni dépendre d’un homme ou d’un dieu.

Mais ce n’est pas tout. Elle a demandé d’autres choses pour affirmer son rôle de déesse de la chasse :

  • Un arc et des flèches identiques à ceux de son frère, fabriqués par les Cyclopes.
  • Une tunique courte pour pouvoir courir librement dans les bois.
  • Soixante jeunes nymphes Océanides comme compagnes de chasse.
  • Vingt nymphes de la rivière Amnisus pour s’occuper de ses chiens et de ses affaires.
  • Les montagnes et les forêts comme royaume exclusif.

Zeus, amusé et fier du caractère de sa fille, lui a tout accordé. Il a même ajouté trente villes où elle serait honorée, en plus de son domaine sauvage.

La légende tragique d’Orion, le chasseur

Orion était un chasseur géant, et l’un des seuls compagnons masculins qu’Artémis ait acceptés à ses côtés. Leur relation est au cœur d’un des mythes les plus tristes de la mythologie grecque. Il existe plusieurs versions de la mort d’Orion, et toutes impliquent Artémis, directement ou indirectement.

Voici les quatre versions les plus courantes :

  1. La flèche accidentelle : C’est la version la plus tragique. Apollon, jaloux de la complicité entre sa sœur et Orion, aurait mis Artémis au défi. Il lui montra un point noir au loin dans la mer et lui demanda si elle était capable de l’atteindre avec une flèche. Artémis, excellente archère, réussit sans peine. Le point noir était la tête d’Orion, qui était en train de nager. Quand elle découvrit son erreur, elle fut dévastée et plaça son ami dans le ciel pour en faire une constellation.
  2. Le scorpion : Dans cette version, Orion devient orgueilleux et se vante de pouvoir tuer tous les animaux de la Terre. Gaïa (la Terre) ou Artémis elle-même, en colère, envoie un scorpion géant pour le piquer et le tuer. Après sa mort, Artémis et Zeus le placent dans le ciel, ainsi que le scorpion, pour en faire des constellations.
  3. La tentative de viol : Une autre histoire raconte qu’Orion aurait tenté de violer Artémis ou l’une de ses nymphes, Opis. Pour se défendre ou pour venger sa compagne, la déesse l’a tué avec ses flèches ou a envoyé le scorpion le punir.
  4. La jalousie des dieux : Une dernière version explique que Eos, la déesse de l’Aurore, était tombée amoureuse d’Orion. Les dieux n’approuvaient pas cette union et auraient ordonné à Artémis de le tuer, ce qu’elle fit à contrecœur.

Diane Chasseresse : Artémis dans l’Art et la Culture

La figure d’Artémis, et surtout de son double romain Diane, a beaucoup inspiré les artistes, en particulier après l’Antiquité. Une mode du portrait « en Diane chasseresse » a vu le jour en France, du XVIe au XIXe siècle. Les femmes puissantes de la cour aimaient se faire peindre sous les traits de la déesse.

Pourquoi ce choix ? Se faire représenter en Diane était une façon d’affirmer son pouvoir de séduction et son indépendance. La déesse est une chasseresse, une prédatrice qui repousse les hommes. C’était aussi un prétexte pour se montrer dévêtue ou dans des tenues légères sans que cela soit choquant pour l’époque. Après tout, c’était un portrait mythologique.

Plusieurs femmes célèbres ont commandé ce type de portrait :

  • Diane de Poitiers, la favorite du roi Henri II.
  • Gabrielle d’Estrées, favorite d’Henri IV.
  • La duchesse de Chevreuse et d’autres dames de la cour de Louis XIV à Versailles.

Sur ces tableaux, on retrouve toujours les attributs de la déesse : l’arc, le carquois, les chiens de chasse et le croissant de lune. Ces œuvres montrent que le mythe d’Artémis a dépassé le cadre religieux pour devenir un symbole d’indépendance et de pouvoir féminin.

Symboles et Culte : Comment honorait-on Artémis ?

Le culte d’Artémis était très répandu en Grèce antique, en particulier dans les zones rurales et sauvages. On l’honorait à travers ses symboles et dans des temples spécifiques.

Les principaux symboles d’Artémis

  • Les animaux sacrés : La biche est son animal le plus emblématique, symbole d’agilité et de nature pure. L’ours est aussi lié à son culte, notamment à Brauron, où des jeunes filles appelées « ourses » la servaient. Enfin, ses chiens de chasse sont ses fidèles compagnons.
  • La Lune : Son lien avec la Lune est fondamental. Elle forme une triade lunaire avec Séléné (la pleine lune) et Hécate (la nouvelle lune), Artémis représentant le croissant de lune. Elle est la lumière qui guide dans la nuit.

De nombreux sanctuaires lui étaient dédiés. Le plus célèbre était le temple d’Artémis à Éphèse, en Asie Mineure (Turquie actuelle). Il était considéré comme l’une des Sept Merveilles du monde antique. C’était un immense bâtiment de marbre qui a été détruit et reconstruit plusieurs fois.

D’autres lieux de culte importants existaient, comme en Tauride (actuelle Crimée), où des rites parfois sanglants lui étaient consacrés, ou à Brauron, près d’Athènes, où se déroulaient les rites pour les jeunes filles.

Artémis est bien plus qu’une déesse de la chasse. Elle représente la nature sauvage, l’indépendance féminine et la protection des plus jeunes.

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